Ma soeur et mes doutes

Nous sommes le 25 au soir et c’est l’heure du bilan de ce séjour de presque une semaine chez la belle famille. Il y a quelques mois quand ma soeur me soumettait l’idée d’aller passer Noël chez la belle famille, j’étais très enthousiaste. J’avais hâte de découvrir ma nièce qui a presque deux ans maintenant et avec qui je souhaitais passer quelques moments de complicité.

L’apparition des doutes
Les semaines ont passé et je ressentais de plus en plus de doute quant à cette réunion de famille. J’avoue que je ne sais pas trop pourquoi, ça doit être un tout.
Est-ce parce que dans nos échanges sur Skype, son mari me disait qu’il n’y aurait pas de problème, je pourrais au moins couché dans la pièce du milieu ? Sans connaître la configuration de la maison de ses parents, je me suis imaginé couché en mode roots dans une salle de passage.

La prise de conscience de mes peurs
Est-ce parce que son frère viendrait avec sa compagne et leur bébé de neuf mois et que j’allais me retrouver le seul célibataire dans une maison où les deux paires de grands parents seront gagas avec les petits enfants et que je ne me sentirais pas à ma place car pas dans le même délires.
Est-ce que c’est parce que pour la première fois, j’allais passer Noël sans un des mes deux cousins et toute leur tribu avec qui je suis très proche ?
En fait c’est un petit peu de tout cela et j’ai finis par dire à ma soeur que je n’avais pas vu depuis un an et demi que je ne sentais pas ce Noêl dans les Pyrénées et que j’allais le passer avec les cousins.

Une vraie communication avec ma soeur
C’est donc en terminant un long et sympathique échange sur skype que je fais part de mon hésitation à ma soeur sur ma venue à Noël sans véritable conviction mais le mal était fait. L’excuse bidon était la fatigue et le fait que les gamins ne fassent pas leur nuit (j’avais d’autres excuses en stock).
S’en suivire une semaine où j’ai enchaîné les douleurs dorsales, torticolis, un certain mal-être en quelque sorte.

Mais de quoi t’as peur ?
Je ne prenais pas le temps de savoir d’où cela provenait. Je venais de louper deux semaines de travail suite à mon arrêt maladie et mon nouveau genou. Je ne savais pas si mon contrat aller être prolongé et je n’avais pas envie de me prendre la tête et de vivre une angoisse de solitude à Noël pour enchérir.
Puis un matin, au réveil, j’ai pris le temps de déceler ce malaise et de constater que ma soeur s’était tue sur skype quand je le lui avais dit. Et pour que ma soeur se taise, c’est qu’il y a un malaise. Je décidais donc d’aller en profondeur pour identifier ces peurs et de lui téléphoner en arrivant au travail.
C’est à ce moment là que je remarque perdu dans le fil de mes discussions « cadeaux de Noël » avec ma frangine qu’elle m’avait envoyé un mail avec le fait qu’elle était vraiment déçue que je ne vienne pas car cela faisait 6 ans qu’on n’avait pas fête Noël ensemble, en famille.
Extrait : « Bon voilà, ça m’ennuie un peu d’avoir à te dire tout ça, j’ai l’impression de te forcer à avoir envie d’être avec nous.
J’aime bien que les choses soient dites.
Bisous. »

Les larmes au boulot, c’est pas très productif
L’argument était de choc et je constatais que  mon intuition était bonne et 4 jours après, je lui répondais.
La complète :
« Salut Frangine,
Je suis noyé dans mes mails et je viens seulement de lire le tien. Ce
n’est pas que je ne voulais pas te répondre😉. Ca confirme
l’impression que j’avais eu en te disant ça et d’ailleurs je voulais
te téléphoner pour t’expliquer car je me doutais bien que ça te
faisait chier. Je te parlais d’une impression et je cherchais une
raison, un prétexte pour me justifier en te parlant des enfants mais
ce n’est pas exactement ça et je vais essayer de t’expliquer le fond
des choses.
Je ne le sens pas car paradoxalement je vais me sentir seul. C’est
difficile à expliquer car vous serez là et avec la famille en plus
mais c’est certain que je me prendrai un gros coup de solitude
derrière le crâne et je n’ai pas envie de vivre ça en ce moment.
J’imagine la situation de la sorte : des grands parents qui n’auront
d’yeux que pour les petits enfants, deux couples heureux avec des
jeunes enfants, et comme à chaque noël, ça me renvoie le fait d’être
toujours seul et sans enfant. Je le vis mal à chaque noël et là ça
sera d’autant plus fort qu’il s’agira de toi! Je te passe les
traditionnelles questions auxquelles j’ai souvent droit « et pourquoi
t’a pas de copine ? etc. rien que de te l’écrire ça me monte la larme
à l’oeil.
En bref, Noël je le vis rarement bien et là dans un environnement que
je ne connais pas où je n’aurais aucune échappatoire (en relation avec
le côté roots du couchage), je me sens pas du tout à l’aise. A la
limite j’ai même envie de rester bosser plutôt que de poser des jours
de congés… Ca doit te faire bizarre mais c’est le cas. A la limite
si on faisait Noël en petit comité qu’avec les parents ce serait
gérable mais là avec d’autres grands parents gagas et un autre jeune
couple heureux, c’est too much pour moi.
Bon après je ne suis pas borné et je peux changé d’avis mais que ce
soit dans les Pyrénées ou ailleurs, je ne suis pas enthousiaste à
cette soirée de Noël même si j’ai bien évidement envie d’être avec
vous. C’est juste cette soirée là après ça va!
Je n’ai pas encore posé mes congés donc si tu veux me faire changer
d’avis c’est maintenant🙂
C’est un peu décousu ce que je te raconte mais c’est aussi parce que
je suis stressé et fatigué et il y a beaucoup de choses qui se
bousculent en ce moment. Je marche sur des oeufs, je n’ai aucune
visibilité, je ne maîtrise rien, je me sens seul et je crois que j’ai
juste besoin de vacances…
Voilà, je pense que tu as tous les éléments pour me faire changer
d’avis car je n’ai pas tranché. Ce serait peut-être même plus facile d’en
parler de vive voix, j’en sais rien, je suis paumé!!!
Allez, plein de bisous, faut que je retourne bosser quand même. »

Autant vous dire que je n’ai pas beaucoup bossé dans l’après-midi qui a suivi…

Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis
Bon, j’ai réussi à déclencher des larmes à distance à ma soeur et elle n’a pas beaucoup bossé ensuite non plus. Les larmes, c’est pas productif :p Elle m’a répondu en me donnant des arguments + et – car rien que le fait qu’elle me réponde, j’avais déjà envie de changer d’avis.
L’argument qui m’a décidé était : « Et puis le truc le plus important, ça me fera très plaisir que tu sois là, ainsi qu’à tout le monde. »
En fait j’avais peur de ne pas être à ma place (oui, même avec mes parents) et là j’avais au moins quelqu’un qui voulait me voir ; j’étais rassuré.

De vrais changements bénéfiques
Au final, j’ai été accueilli très chaleureusement par ma belle famille et que ce sont des personnes vraiment adorable, toujours à l’écoute et disponible et ce séjour ici a été un vrai plaisir. J’ai bien fait de me confronter à cette peur.
Ce fut l’occasion de (re)vivre des moments avec ma soeur et mes parents et là aussi je constate une certaine évolution même s’il y a encore du travail. Les vieux schémas ont la peau dure et au final, je crois que c’est moi qui suis entrain de vivre au mieux ce séjour dans les Pyrénées. J’ai su prendre du temps pour moi et même si ça parait simple pour la majorité des gens, pour moi c’est toujours compliqué. J’ai eu de grosses tranches de fous rire avec ma soeur et rien de mieux que ce diaporama pour l’illustrer.


Cette semaine de vacances me fait le plus grand bien et je vous souhaite de très bonnes résolutions 2013🙂

15 commentaires

  1. Comme quoi c’est parfois là où on s’y attend le moins qu’on trouve du bonheur. Je suis contente pour toi! et bonnes vacances🙂

    1. Merci Steph, c’est gentil. Je te souhaite tout plein de bonheur aussi🙂

  2. Lis-moi si tu veux · · Répondre

    Ton article est touchant. J’allais en écrire plus long, mais les mots se bousculent à l’écriture. Bisous et plein de bonheur en famille…

    1. Merci Mélanie🙂

  3. Très contente pour toi et surtout du fait que tu aies fait face à tes peurs, ce qui t’avait permis de passer ces bons moments.
    Noël est souvent une période difficile pour beaucoup d’entre nous, surtout par rapport à la famille et ce n’est pas pour me faire de la pub😀 mais j’ai posté un article à ce sujet chez moi.

    1. Comme souvent, tout ce que tu me dis sonne juste, c’est un plaisir de lire tes articles🙂 Et tu dois avoir des aptitudes à la publicité car je reçois des visites en provenance de chez toi😉

      1. Alors j’en suis heureuse, surtout pour les visites, tu les mérites bien. Merci pour tout.

  4. Coucou, c’est super ce que tu racontes là. Quand on accueille sa peur comme elle le mérite, elle nous laisse une autoroute devant nous pour avancer. Le hic c’est que la plupart d’entre nous la fuyons ou la combattons. Tu as choisi la bonne option et tu as eu de formidables résultats, BRAVO! Et attention ce n’est pas un petit mot de convenance, que nenni! Pense à te féliciter, c’est très important pour le mental. Ce dernier a toujours « peur » de l’inconnu alors quand tu fais quelque chose de nouveau pense à te féliciter, d’une part tu le mérites, d’autre part tu rassures ton mental et la prochaine fois il ira plus facilement sur ces sentiers qu’il craignait jusqu’ici d’aborder…

    1. Je ne manquerai pas d’y penser lors de mes prochains essaies :p Merci

  5. Parfois le mieux à faire c’est se poser pour identifier le problème et l’affronter. Contente de lire que tu as su y faire face pour profiter au mieux d’un joli noël familial🙂

    1. Tu as l’air de l’avoir passé de façon originale aussi🙂

  6. Ça fait plaisir à lire un article aussi positif, vraiment ! Ton cheminement est hyper intéressant et montre à quel point une angoisse peut nous « engluer » si on ne décide pas d’aller contre. Encore une fois, tu as été très courageux (et honnête, aussi bien envers toi-même et ton ressenti qu’envers ta famille), tu as pris le taureau par les cornes et cette communication sincère avec ta soeur a débloqué la situation. Je suis sincèrement heureuse de voir que tu as passé de bonnes fêtes de fin d’année et je suis sûre qu’avec le recul, tu aurais regretté de ne pas y être allé🙂 Tout est donc bien qui finit (ou recommence ?!) bien !

    1. Merci, ça fait plaisir d’avoir ce genre d’avis extérieur qui confirme les mouvements initiés. J’ai encore un peu moins d’une semaine à passer en famille et je ne regrette rien🙂

  7. Comme je te comprends et comme je suis contente que tu aies passé ces fêtes en famille. J’ai toujours peur moi aussi de ne pas être à ma place, de ne pas avoir la place. De voir le bonheur qui fait penser à ce qu’on n’a pas. j’essaie de me persuader de penser à ce que j’ai, parfois ça marche, parfois non. Mais ce que je sais c’est que il faut beaucoup essayer pour récolter un peu. Alors 100% heureuse pour toi !

    1. C’est très gentil et je suis touché. Je reste très sensible sur le sujet et ce fut une très belle expérience (pour la suite)
      Je constate ta sensibilité aussi sur ton blog et on tâchera de se soutenir mutuellement🙂

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